Editorial Automne 2009
Développement durable et développement local : deux niveaux de réflexion complémentaires ...
« Le développement durable, c'est un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Cette notion s’appuie sur deux concepts : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la grande priorité, et l'idée que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose des « limitations » à l’exploitation de notre environnement, de façon à préserver sa capacité à répondre aux besoins actuels et à venir. »
Rapport Brundtland, 1987
Le développement durable se veut donc un processus de développement qui concilie l'écologique, l’économique et le social, et établit un bon équilibre entre ces trois préoccupations. C'est un développement à la fois économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement supportable, un développement harmonieux entre les hommes et les ressources.
Ces principes soulèvent de nombreuses questions, au niveau global comme au niveau local :
Comment inventer un monde plus sobre et concilier progrès économique et social sans mettre en péril l'équilibre naturel ?
Comment partager nos richesses écologiques de plus en plus rares (rivière, nature, silence, air pur...) sans les détruire par la même occasion, à l’heure où la planète semble déjà asphyxiée par le prélèvement effréné de ses ressources naturelles ?
Comment faire en sorte de léguer une terre en bonne santé à nos enfants ?
Comment assurer l’égalité de tous à l’accès aux richesses naturelles ?
Comment inventer un nouveau mode de gestion ?
Au plan du développement local, par exemple à Labeaume, ces questions se traduisent en termes très concrets :
Peut-on poursuivre, et pendant combien de temps, une urbanisation diffuse qui mite peu à peu sites naturels et transforme nos paysages en banlieues?
Peut-on laisser augmenter sans cesse les pressions de toutes sortes sur la rivière, le paysage, avec tous les problèmes que cela crée : pollutions, dégradation des milieux, conflits d’usage ?
Peut-on maitriser la pression touristique et avec elle la circulation estivale, ou les laisser se développer au-delà du supportable, que ce soit en termes de nombre, de vitesse, de bruit, de difficultés de stationnement ?
Pour répondre à ces questions, pour gérer ce qui parait ingérable, plusieurs attitudes sont possibles :
Alimenter le débat public sur des bases claires et à partir d’exemples concrets : quelles réponses pouvons-nous apporter à ces questions, au plan local ? C’est ce nous souhaitons faire, en organisant un séminaire de réflexion sur le développement durable dans les petites communes, illustré par des apports locaux sur la protection de la nature, l’eau et l’assainissement, l’énergie, le tourisme, l’agriculture, la construction... Mais cela demande du temps, de la réflexion, et quelques moyens financiers...
Discuter avec les responsables de la gestion pour faire prendre conscience des problèmes, en mettant en avant notre rôle d’association agréée en matière de défense de la nature et de l’environnement, et d’association locale d’usagers...mais pour se concerter, il faut être deux , et nos questions , écrites ou verbales, restent le plus souvent sans réponse...que ce soit sur les chemins, le développement de la concertation ,les décharges sauvages ou la circulation...
Dans tous les cas, une seule solution : renforcer notre association, pour développer nos échanges internes ou externes, nous ouvrir aux sites voisins et aux autres associations, faire connaitre ce que nous faisons, afin de mieux maitriser un développement que nous saurons rendre durable.
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